Le malade se rebiffe

Publié le par Alain Versedetout

Cela faisait déjà plusieurs décennies que la France était malade et qu’elle semblait s’enfoncer dans une sorte de coma irrémédiable : cela, semblait-il, avait l’air de satisfaire grandement ses médecins qui accouraient à son chevet à chaque élection. Certains observateurs pensaient qu’avec ses nombreux atouts et un patrimoine génétique hors du commun, elle n’aurait jamais dû être malade, mais on ne les écoutait pas. On préférait faire taire ceux qui affirmait que ses pathologie étaient artificielles, liées à une maladie iatrogènes née en grande partie des traitements administrés par ceux qui étaient censés la guérir.


Ainsi, jour après jour, le malade sombrait dans une sorte d’abrutissement apparemment irréversible, comme dépendant de ses traitements à base d’un dérivé de socialisme périmé, fabriqués par dans des loges de laboratoires « 3 points » particulièrement rétrogrades.


Seul ceux qui voulaient encore voir et entendre, et ils n’étaient pas nombreux, pouvaient percevoir qu’une partie de sa conscience restait en éveil, résistait envers et contre tous, continuait à lutter inlassablement. Il faut dire que les différents médecins qui s’étaient succédés à son chevet avaient cru habilement masquer, à coup d’antalgiques et d’anathèmes, les signaux envoyés par la conscience : lorsque les migraines, les spasmes ou les tremblements compulsifs devenaient trop forts, ils expliquaient doctement que c’était par ce qu’il subsistait encore des résidus d’un ancien régime clérical et conservateur. Celui-ci opprimait encore les minorités de l’organisme et il y avait donc urgence à l’éradiquer de manière radicale. Seules de fortes doses d’un cocktail lytique socialo-marxiste-égalitariste pourraient venir à bout de l’obscurantisme et de la menace du retour de l’ordre moral.


Le nouveau médecin chef qui avait eu le temps de prendre le pouls du malade durant ses longues années d’inactivités et qui n’avait jamais exercé en dehors de son bureau de médecin conseil dans une petite administration de province, se sentait complètement investit par sa mission léthargique. Dès son arrivée, il avait mis beaucoup de professionnalisme à accélérer l’endormissement du pays. Il avait décrété que la France souffrait d’intolérance aigüe à la différence et que c’était la cause de tous ses maux. Seul un traitement à base d’égalité artificielle pourrait remettre le malade sur pied. Il avait alors pris l’initiative de lui administrer un puissant soporifique composé de « gender », en lui injectant son « mariage pour tous » ; ce qui devait être un prélude à d’autres traitements à base de saignées fiscales, recherche sur l’embryon ou ponctions familiale.

 

Contre toute attente, l’opiacé s’était révélé être un puissant fortifiant, mobilisant les forces vives inattendues du malade, favorisant un réveil qui semblait de jour en jour de moins en moins contrôlable. Alors qu’il croyait avoir gagné la partie grâce à l’aide de ses assistants anesthésistes hertziens, des signaux inquiétants affolaient le staff de l’Elysée : tout semblait indiquer que le bon peuple que l’on croyait à jamais endormi, commençait à sortir de sa léthargie.


Le bon docteur avait fait vite appel à son anesthésiste en chef spécialisé dans le gaz lacrymogène, les fumigènes, les coups de matraques et les arrestations arbitraires, mais rien n’y faisait. Le malade résistait, il veillait debout, agitait des drapeaux roses ou bleus et semblait avoir retrouvé une force, une arrogance et une fierté de se battre complètement inattendue.


L’équipe médicale de l’Elysée avait beau affirmer, au fur et à mesure des communiqués, qu’elle avait la situation en main, que le malade était sous contrôle, que ce n’était que des symptômes transitoires qui ne voulaient rien dire, il semblait bel et bien que le malade refusait de se coucher devant ses bourreaux et montrait des velléités de résistance inattendues.


Lors de la visite médicale du 14 juillet, la rébellion avait ainsi pointé le bout de son nez. Les infirmières journalistes avaient certes minimisé les choses en affirmant que ce n’était qu’un réflexe primaire d’organes périphériques nommés « anti-mariage gays », il semblait pourtant que l’apprenti médecin en chef avait été sifflé tout le long de son passage : cela dépassait le simple réflexe primaire, cela ressemblait plutôt à de l’instinct de survie salutaire.  


Les assistants du bon docteur avait dénoncé ce réveil comme une manifestation massive d’intolérance, comme la résurgence d’une vieille affection de peste brune que l’on croyait pourtant éteinte à jamais, mais la greffe ne prenait plus, le rejet devenait épidermique.

 

 

Ils n’avaient rien vu venir, ils se croyaient portés par le vent du progrès et de la nouveauté. Ils avaient depuis longtemps rejeté ces médecines traditionnelles jugées ringardes : ils l’avaient crié haut et fort « à bas la médecine du passé, place à la modernité ». Et le malade leur avait confié son avenir, les charlatans lui promettant à chaque fois le retour de la santé, le bonheur et la prospérité. Ils n’avaient fait qu’appliquer de vieilles recettes qui avaient certes été révolutionnaires en leur temps, mais qui avaient tuées au final, plus qu’elles n’avaient soignées. Ils n’avaient pas voulu voir que les saignées répétées et imposées sournoisement aggravaient les symptômes au jour le jour. Ils avaient même voulu casser les thermomètres expliquant à qui voulaient l’entendre qu’ils étaient la preuve de l’archaïsme de leurs adversaires.


Plus le malade gémissait plus on lui proposait des traitements contre nature et des anesthésiants puissants pour l’endormir. Il s’y était finalement accoutumé : la « morale républicaine » les appels à « la citoyenneté » et à l’indignation, ne l’endormait plus.


Le malade qui avait longtemps cru au remède miracle (après tout il était plus facile de croire qu’un jour un médicament supprimerait la gueule de bois plutôt que de se dire que pour la supprimer il suffirait d’arrêter de boire !), ne se faisait donc plus trop d’illusion : la cécité avait fait place un syndrome d’immobilisme grave qui engendrait un début de dépression. Il n’avait plus le choix il commençait à regarder la réalité en face.


Perdus dans leur arrogance et leur sentiment de toute-puissance l’équipe de charlatans n’étaient plus en mesure de comprendre ce qui se passait. Certes le Docteur Gaz injectait des doses massives d’anticorps sensés mater la dissidence, mais cela renforçait la détermination et l’énergie des vraies forces vices. Certes les sous fifres de l’Elysée continuaient à clamer haut et fort que la reprise était là, qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, que tout le monde pouvait dormir tranquille, mais la mayonnaise ne prenait plus. Ce n’était plus seulement la tête qui résistait, c’était le corps tout entier qui reprenait des forces.


Le bon peuple, malgré son lot de pain, de jeu quotidien, d’enfumage et de fumette prenait non seulement conscience qu’il avait été abusé, mais il remettait en cause la légitimité de ses médecins. Un changement de régime, un retour à une vie plus saine, un recentrage de sa vie sur le réel, s’imposaient de plus en plus.

Aveuglés par leur idéologie, leur arrogance, leur ignorance crasse, et leur inculture, les charlatans avaient cru qu’en euthanasiant leur malade il le sauverait de lui-même. Ils n’avaient pas vu qu’au contraire ils allaient générer un long processus de rémission. Certes, après tant d’année d’empoisonnement, les choses ne reviendraient pas à la normale du jour au lendemain, mais qu’importe, le mouvement était lancé, le sevrage serait long et compliqué, mais la roue tournait petit à petit, inéluctablement.


Les apprentis médecins n’avaient encore une fois rien compris à la France qui dans son histoire, avait plus d’une fois frôlé le précipice pour finalement trouver la force de se redresser, de résister, de se battre et de renaitre à son propre destin.


 

C’est la grandeur de notre pays, c’est la force de son peuple. On comprend pourquoi les charlatans qui nous gouvernent depuis 2 siècles s’efforcent par tous les moyens à détruire son ADN. 


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