La droite est morte, vive la droite

Publié le par veni creator

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Mon cher Dupont-Lajoie


Après 1 bon mois de gesticulations et d'incantations de part et d'autres, les Français ont fait leur non choix: Une assemblée qui ne représente que 30 % des Français ( plus de 40 % d'abstention pour des députés élus entre 50 et 60 % au 2nd tour), un président élu par moins de 40 % du peuple, un débat politique qui incite à aller pêcher les jours de pluie, rien qui ne semble souligner un enthousiasme débordant ou une adhésion massive au projet de société proposé par le nouveau pouvoir.


Les français ont fait un non choix: ils  n'ont pas votés pour l'euthanasie,ni pour le mariage et l'adoption homosexuelle, encore moins pour la communautarisation de la société ou une vision tronquée des rapports homme/femmes, ni pour le pédagogisme à outrance, la laïcité à sens unique ou le clientélisme envers les exclus de la société. Et pourtant, au peu de manoeuvres économiques qui s'offre aux nouveaux gouvernants, c'est bien pour ces choix de société  mortifères que leur non-choix s'est orienté.


 Ils ont fait un non-choix: ils n'ont pas choisi réellement la gauche, mais ils ont rejeté la droite. Elle l'a sans doute cherché. On peut certes, désigner un bouc émissaire en la personne de Mr Sarkosy, mais ce serait persister dans l'erreur que sont en train de commettre les ténors de la droite Française qui n'ont rien compris: au lieu de se chercher  un nouveau leader ou de pinailler sur le fait de savoir si elle doit être plus au centre ou plus à droite, elle ferait mieux de réfléchir sur son vide idéologique et son absence de valeurs fortes.

 

 Car ce  n'est pas le socialisme qui a gagné, c'est la droite, qui a perdu.


Ce ne sont pas  les  mensonges, la démagogie, les anathèmes caricaturaux, ou l'indignation sélective qui ont construits la victoire de la gauche, c'est l'incapacité de la droite à incarner une vision de société, un projet en dehors de la question économique.


On peut accuser certes les journalistes, qui, dans leur parti pris pro-Hollande, n'ont rarement été à la hauteur, mais ce serait encore refuser de voir la réalité en face: la droite n'a plus d'épine dorsale et ne donne pas envie d'être aimée. 

 

Depuis trop longtemps, la droite accepte d'être définie en fonction de ses choix économiques et non plus en fonction de valeurs qu'elle a abandonnées au cours des décennies. En se convertissant au libéralisme , elle a renoncé à défendre les valeurs de son pays; en se convertissant a l'air du temps, elle a accepté de se compromettre dans des choix de société aux effets délétères et de ressembler à la caricature que la gauche faisait d'elle même, elle s'est condamnée à se  faire Hara-kiri.

 

La pensée Marxiste considère le monde de manière binaire: il y aurait les oppresseurs et les opprimés. Les réformes sociétales actuelles qui nous sont proposées sont toutes issues de cette lecture simpliste de la réalité. La droite qui a abandonné la philosophie et les sciences humaines  au profit de l'économie et du commerce est ainsi incapable de proposer une alternative idéologique crédible. Elle est devenue libertaire et aborde sans s'en rendre compte la plupart des grands thèmes de société a partir du même prisme que ses adversaires. 

 

C'est le vide abyssal d'une droite devenue caricature d'elle même qui l'a fait tomber, et non une gauche triste à mourir qui ne propose pas grand choses en dehors de la victimisation et l'exacerbation des rancoeurs.. 

 

L'échec de la droite était prévisible. Cela fait longtemps qu'elle ne fait plus son travail. Elle rempli certes son rôle de droite sur le plan économique, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Les socialistes allemands ou anglais sont capables de faire la même chose et même mieux!

 

Les français ont rompu avec la droite depuis longtemps: lorsqu'ils votent encore à droite, c'est plus par rejet du socialisme que par conviction réelle. Ils se laissent certes bercer par cette petite musique agréable qui leur explique que le monde est divisé entre le camps des gentils et celui des méchants, mais au fond d'eux ils n'y croient plus vraiment, ils attendent autre chose. Ils attendent de leur leader des convictions, mais aussi une âme.

Marine Lepen n'est ainsi qu'un épiphénomène qui traduit ce sentiment de trahison vécu par la majorité des Français qui ne se reconaissent visiblement pas dans le socialisme.

 

En ce 18 juin, après le râteau que vient de se prendre la France, je ne ferais pas comme les antidémocrates de 2007 qui ont appelés à entrer en résistance. Je n'ai pas envie d'entrer dans le piège de l'anathème, des insultes faciles et des attaques personnelles qui ne font que renforcer les adversaires dans leurs certitudes.

 

Les enjeux sont trop importants pour ruminer une défaite dans la rancoeur et la désignation de coupables.

 

Nous ne devons pas perdre notre énergie dans des combats stériles, dans une lutte à mort contre des ennemis qui n'en sont pas ou dans la tentation d'un populisme stupide. Nos adversaires, ce ne sont pas les personnes qui portent des idées que nous jugeons mortifères: elles sont bien souvent sincères et désireuses d'améliorer le sort de l'humanité. Leur vision binaire du monde  ne leur permet pas d'en comprendre la complexité, et  c'est sans doute pour cela qu'ils préfèrent chausser des petites lunettes roses et s'imaginer que tout est question de discrimination ou d'injustice à combattre.

 

Nos adversaires ne sont pas ces personnes, ce sont les solutions mortifères qu'ils proposent à notre société.

 

Notre adversaire principal ne doit pas être des personnes, mais notre propre médiocrité intellectuelle, notre difficulté  à étayer les valeurs que nous voulons porter, notre capacité à nous montrer méprisant et condescendant envers ceux qui ne pensent pas comme nous.

 

 Il est urgent de dépenser nos forces utilement,  prendre enfin le temps d'incarner les valeurs que nous voulons porter. Il est temps de sortir de nos peurs, de réfléchir, d'argumenter, d'éclairer, de mettre en mouvement  une opposition intelligente et créative.

 

C'est pourquoi mon cher Dupont-Lajoie,  je te lance mon appel:  la droite est morte vive la droite!

A nous de répondre au slogans par la réflexion, à nous d'oser montrer, par nos attitudes, que la tolérance n'est pas forcément du coté de ceux qui la crie par dessus les toits; à nous de montrer par l'humour et la profondeur, que les valeurs que nous voulons porter ne sont pas tristes.

Allons en profondeur, creusons nous les méninges, réfléchissons, lisons, n'ayons pas peur du débat qui respecte l'adversaire.

 

Refusons la politique de surface et de l'émotionnel, refusons la démagogie et la relativisme: jugeons des idées, jugeons des choix de société, mais  refusons de juger les personnes!

 

Donnons nous le droit de ne pas être d'accord sans pour autant tomber dans la facilité de la condamnation des personnes et des argumentaires faciles.

Montrons leur qu'être contre l'immigration massive, ce n'est pas avoir peur de l'étranger, mais au contraire le respecter.


Refusons les mots qui enferment. Sachons critiquer le pédagogisme et les stupidités scolaires sans manquer de respect envers les enseignants qui y croient et se donnent à fond. Critiquons l'assistanat mais refusons de laisser entendre que les bénéficiaires des aides publiques seraient des assistés ou des profiteurs; montrons par notre attitude que le refus de l'euthanasie et du suicide assistée est motivée par une vision respectueuse de l'homme ; agissons pour que le respect des femmes passe aussi par le respect du masculin, et que la complémentarité homme/femme est la vraie source d'égalité.


N'ayons pas peur du terrorisme intellectuel, des mots qui paralysent, que ce n'est pas par haine ou phobie des  personnes  homosexuelles  que nous refusons le mariage gay et l'adoption.


Face aux accusation de sectarisme, ne nous montrons pas sectaire; trop souvent, nous  cédons  a la facilité de  l'indignation sélective: refusons d'entrer dans le jeu de la médiocrité, ne nous abaissons pas à juger comme des salops ceux qui ne pensent pas comme nous, ce serait faire trop d'honneur au nouveau pouvoir.

Ne nous faisons pas donneur de leçons de morale, proposons des alternatives, montrons l'exemple sur le terrain.


Face aux incantateurs de citoyenneté, montrons leur ce que c'est qu'un vrai débat et la contradiction respectueuse, mais de grâce ne reproduisons plus les attitudes stupides et méprisantes dont est parfois capable "la plus bête droite du monde" face à une gauche idéologique et coupée du réel.


L'avenir est devant nous, la France ne pourra adhérer à nos convictions que si elles sont portés par l'espérance et non par la peur.

Bien à toi - VC

 


Publié dans humeur

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